Le petit caillou dans la chaussure

Blog littéraire d'Alexandra Lahcene

Lu dans le cadre du grand prix des Lectrices ELLE.

Ivan Jablonka définit lui même son ouvrage comme un essai de sciences sociales et manifeste politique.

Il va effectivement établir des constats sociaux, historiques et également déclarer sa position et proposer afin de définir le bonheur. C’est un texte d’espoir de voir, je cite :

« nos fils devenir des hommes justes et nos filles des femmes libres ».

Cet homme influencé par le féminisme des femmes, ayant côtoyé Simone Veil, va établir un cheminement générationnel, se questionner dans sa vie d’homme et établir des constats pour en souligner toutes les contradictions.

Cet ouvrage se compose de quatre parties qui se reposent sur des évènements historiques sur une documentation détaillée et précise.

La question qui prédomine cet ouvrage c’est l’interrogation pertinente d’Olympe de Gouge

« Homme, es-tu capable d’être juste ? ».

Les valeurs qu’a instauré la révolution française et notamment l’abolition des privilèges la nuit du 4 août est la colonne vertébrale de sa démarche.

Ainsi les mots liberté, égalité ne cessent de jalonner le texte de Jablonka.

Avant de parler de féminisme, ce livre, et ce qui me le fait hautement apprécié, parle du masculin. Car le féminisme a besoin des hommes ! Et cette certitude I. Jablonka le souligne.Ils ne sont pas l’ennemi de la femme ni leur modèle.Et cet essai n’est pas une déclaration de guerre entre les deux sexes.

Notre auteur est un homme qui revendique le droit de parler des hommes, de parler du féminisme et de la justice de genre.Mais qui sont ces justes ? Afin d’y répondre, il mène une réflexion sur le comportement masculin, sur la nécessaire participation des hommes pour accéder au bonheur.

Dans sa démarche, Jablonka va définir le masculin, soulever les privilèges de genre et démontrer que la solution est dans le combat contre la hiérarchie patriarcale, l’ordre du genre faisant partie intégrante de notre système de société.

Aujourd’hui l’inégalité n’est plus légitime. Il y a une prise de conscience.Cet essai est une analyse sur la liberté et la protection des individus contre toute forme de domination notamment dans le domaine du genre.

En redéfinissant le masculin, la femme n’est plus objet, le consentement est nécessaire, la peur, la violence, le mépris n’est plus, les rapports de séduction sont autre.

La liberté de l’autre et l’égalité sont reconnues.Il souligne ainsi la nécessité absolue des règles de réciprocité, d’impartialité et de réflexivité. Cet homme juste est donc solidaire, il respecte et reconnaît la liberté des autres, notamment des femmes. Et surtout cet homme juste se désolidarise du patriarcat.

Cet ouvrage est extrêmement bien mené, pertinent, passionnant et j’ai savouré l’angle par lequel est passé notre auteur. Car le bonheur ne peut exister que par la participation conjointe et égalitaire de l’homme et la femme.

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