Le petit caillou dans la chaussure

Blog littéraire d'Alexandra Lahcene

« Ce qui nous lie ce sont les enfants que nous avons été."

Lu dans le cadre des 68 premières fois.

C’est l’histoire d’une éducation sentimentale et sexuelle dans le quartier de la goutte d’or, cette République des sans sommeil, à Paris XVIIIème.

Abad, 13 ans, est un jeune d’origine libanaise qu’on n’écoute pas et qui rêve d’amour.Rhapsodie des oubliés est un chant, une odyssée : celle d’un quartier, de la rue Léon, du boulevard des rêves brisés, des déracinés, des invisibles, des oubliés.

C’est l’histoire de ce basculement entre l’enfance et l’adolescence, cette minute entre l’enfance et la jeunesse que jean Cocteau définissait de « pire ».

Cette construction des rapports à l’amour, notre Abad va le faire avec humour et rage.

Ce roman est imprégné de références musicales, littéraires, cinématographiques.On croise Bashung et Duras en passant pas Joyce, Truffaut, Cocteau.

On ne peut passer à côté de Momo et Mme Rosa dans la vie devant soit de Romain Gary, Gervaise dans l’Assomoir d’Emile Zola.Car il s’agit bien dans ce livre de déterminisme.

Sofia Aouine raconte les illusions perdues d’Abad mais dresse également le portrait de femmes incroyables et dépeint leur destin : juive, voilée, mécréante, prostituée, mère, Abad raconte Gervaise, Odette, Colette, Nour, mémé Jamayelda, Edith, Ethel Futterman.

Sofia Aouine adopte un langage abrupte, violent mais si tendre. Elle a le sens des formules, une qualité d’écriture indéniable. Elle manie les mots avec intelligence et va jusqu’à créer des néologismes que nous nous régalerons de découvrir (je vous laisse trouver ce qu’est la bagnette ;))

Car, je site la dame d’ouvrir dedans, l’écriture n’est-elle pas la meilleure lame ?

Éditions de La Martinière Littérature

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