Le petit caillou dans la chaussure

Blog littéraire d'Alexandra Lahcene

"Il y a toujours une part de nos créations qui nous échappe, n'est-ce pas ?"

Géraldine Jeffroy, j’ai lu, j’ai aimé et je vais modestement chroniquer ce laconique et délicieux roman.😉

J’avoue avoir un peu la pression pour cette chronique d’autant que j’ai eu l’effronterie de transporter l’auteur sur le siège arrière de mon bolide dans les bouchons parisiens sans avoir lu son livre !!!!😁

Serai-je à la hauteur ??

C’est l’histoire d’Eugénie, jeune parisienne destinée à devenir institutrice qui sera envoyée en tant que préceptrice dans un château en Touraine, au bord de l’Indre. Cette femme cultivée et indépendante accompagnera la jeune Marguerite.

Notre héroïne va retracer cet été dans une lettre. Nous sommes en 1892. Elle y raconte la complicité qu’elle va développer avec une tumultueuse pensionnaire peu banale qui n’est autre que Camille Claudel. Cette belle pensionnaire aura la visite exhaustive mais sommaire de son amour, l’illustre Rodin et entretiendra une correspondance avec le compositeur Debussy.Tous les trois seront au tournant et à l’apogée de leur art : Camille sculpte ses danseurs pour « la valse », Rodin travaille sur son « Balzac » et Debussy composera son « prélude à l’après-midi d’un faune » inspiré du poème de Mallarmé.

Dans ce lieu où l’on met au monde, à travers le regard d’Eugénie et de la petite Marguerite (qui n‘est autre que « la petite châtelaine » ou « la petite de l’Islette »), l’auteur traite du processus de la création artistique où l’art est émonctoire, l’artiste travaillant sans relâche pour atteindre la perfection.

Son écriture soignée quasi surannée harmonieuse et délicate contraste avec les tourments de notre artiste, les effusions, la frénésie, la souffrance, les ravages.La brise de l’été transporte la fugacité des souvenirs, des confidences, des mystères.

Tout d’abord je dois souligner la dextérité de l’auteur qui parvient à raconter des moments supposés, hypothétiques issus des zones d’ombres nébuleuses de la vie de l’artiste de manière cohérente, vraisemblable. Elle parvient en toute discrétion et avec sensibilité à créer un instant d’intimité.

D’autre part, quel talent d’avoir pu faire des ces illustres artistes des personnes secondaires !

Ce roman est une jolie parenthèse, certes brève, mais n’est-ce pas nécessaire lorsqu’on connaît la raison pour laquelle Eugénie écrit cette lettre ?

Chers amis, je vous laisse la découvrir et plonger dans cet instant bucolique.

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