Le petit caillou dans la chaussure

Blog littéraire d'Alexandra Lahcene

Voici un joyau d’une rareté remarquable, éblouissant, un récit emprunt d’une virtuosité captivante, d’une poésie maîtrisée, une merveille, un enchantement.

Ce roman est de ceux qui tiennent en haleine, dont vous ne sortez pas indemne, ceux qui vous tire la larme, vous touche en plein cœur, vous émerveille.

Il est de ceux qui vous heurtent, vous remuent, vous bouleversent, vous hantent un long moment après avoir lu cet épilogue prodigieux.

Il est de ceux qui vous font chavirer, vous font rire, vous font trembler.Les mains du lecteur suintent à mesure que l’intrigue avance, le cœur palpite au fur et à mesure que les pages sont tournées.

C’est l’histoire de respirations, de rythme, de fantômes, de souffle.

C’est l’histoire de Joseph dit Joe qui attend et qui remonte le temps.Il relate son enfance dans un orphelinat dans lequel il a été placé suite à un drame. Sa seule échappatoire, la Vigie où Sinatra, Danny, Souzix, Edison Fouine et Momo vont l’amener à retrouver le rythme. Son seul espoir, le boum supersonique.

On y rencontre Marry Poppins, un dieu qui sera son Jiminy Cricket , Michael Collins, le troisième homme.

C’est l’histoire de dieux et de saints, de batracien cruel, de taureau blanc, de piano, de fleur.Ce récit est stupéfiant et vous transporte telles les mesures de la numéro 26, Les « Adieux ».

On y retrouve le leitmotiv de l’auteur : la quête d’un rêve et d’espérance. L’univers onirique d’Andrea est à nouveau présent mis en exergue par sa qualité d’écriture indéniable. Cet hymne à la liberté est un vrai moment de grâce. Jean-Baptise Andrea a gravi son « Everest personnel » avec succès et c’est de loin son meilleur écrit (et j’avais adoré les deux précédents).

Merci !!! Je ne jouerai plus La sonate au clair de Lune sans penser à eux ….

P357 : « Si tu rejouais comme ça, et que je t’entendais du bout du monde, je te reconnaîtrais.Je joue comme ça aujourd’hui, comme lors de notre première rencontre, car je ne joue plus pour moi. J’ai pris le goût du dehors. Je joue notre histoire. Ma sœur aux mille et quels jours, un disque des stones dans une valise, la haine des batraciens, l’herbier qui doit encore sécher là-bas à l’ombre des Pyrénées, le parfum des lèvres que j’ai à peine touchées, les mains tachetées de Rothenberg, immobiles à jamais dans les mains tachetées de Mina, les hoquets du magma, les vents solaires, je joue Souzix qui court à perdre haleine, Danny qui s’arrête pour mourir à deux, je joue la vie et la mort comme si elles n’étaient rien, et elles ne sont rien. Je joue les grands taureaux blancs, je joue le mal et la joie qui font l’air de nos vies. »
P126 : « Mais si vous croyez que je m’égare, si vous croyez que j’ai perdu le fil de mon récit avec mes histoires d’avions, de dieux sourds, d’orphelins, de tableaux, et bientôt de filles au nom de fleur, c’est que vous regardez de trop près. Vous louchez de toutes vos forces et vous voyez la même chose que moi, il y a cinquante ans.Du bleu, du jeune, du vert.Vous ne voyez pas que vous contemplez La Nuit étoilée, le nez collé au tableau. Patience, donc. Laissez-moi distiller les couleurs de ma nuit. »

Éditions de L’Iconoclaste

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