Le petit caillou dans la chaussure

Blog littéraire d'Alexandra Lahcene

« Munyal, mes filles, car la patience est une vertu. Dieu aime les patientes, répète mon père, imperturbable. »

Voilà un écrit bouleversant, précieux, fort et très raffiné.

Trois femmes, Ramla, Hindou, Safira, endossent le récit dans la partie sahélienne du nord du Cameroun.

« Munyal », cadencé, martelé indéfiniment… 

« Munyal » mesdames tant que vous respectez strictement vos aînés, les valeurs et traditions peules, « Munyal » tant que vous faites honneur à votre famille même si elle agit par cupidité, même si votre père oublie le consentement nécessaire, « munyal » tant que vous êtes soumises.

Vous appartenez à une concession, « munyal »pour être acceptées, « munyal » pour ne pas être répudiées.

« Munyal », tous leurs actes sont légitimes, vous êtes leurs esclaves.

Ces femmes qu’elles soient « amariya » ou « daadasaaré » doivent patienter dans l’épreuve sans montrer d’émotion. Supportez mais ne vous plaignez pas, c’est pour votre bien.

Mais Ramla, Hindou, Safira sont impatientes (et non insoumises), or la patience est une valeur fondamentale.

Djaïli Amadou Amal nous fait entrer dans le système polygame à travers ces trois protagonistes.

On ne peut être que percuté par ce témoignage stupéfiant, par ce que ces femmes subissent mais également par la violence, la férocité, la vengeance qui règnent entre elles et le système hiérarchique qu’elles instaurent et qui ne fait qu’accabler leur condition et perpétuer ce processus

C’est à lire absolument !!

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