Le petit caillou dans la chaussure

Blog littéraire d'Alexandra Lahcene

Ce bel été m’a permis de faire connaissance avec Céline Lapertot et ses écrits percutants.

J’ai retrouvé dans « les femmes qui dansent sous les bombes » tout ce que j’aime lorsque je lis un bouquin : être percutée par une histoire de femme avec un style et une construction poignants, travaillés, efficaces.

« La guerre n’a pas besoin de brillant, elle a le sang. La guerre donne des couleurs aux joues des femmes et c’est la vie qui bat dans les tempes de Séraphine. »

Séraphine marche, déterminée, silencieuse, féroce. On est Afrique. Elle s’entraîne.

Elle chasse avec son groupe de lionnes pour la justice, pour défendre ces corps féminins souillés par les miliciens barbares, lutter contre ces massacres injustes et innommables.

« Elle est du côté de ceux qui l’ont sauvée. Elle est du côté de la liberté : Liberté, ma liberté chérie. »

Séraphine, Blandine, Nérine, Capucine, « ces lionnes impavides », n’ont plus peur, et délivrent leurs témoignages. Elles vont marcher pour vivre, tuer, faire la guerre

Elles sont imprégnées du sang, et vont libérer toute la force qu’elles ont en elles.

« Il est immense, ce sentiment que ton corps domine jusqu’à la puissance de feu de l’ennemi.. Ton corps est une machine de guerre que rien ne peut impressionner.

Le laconique « je te tue » scande leur avancée et souligne leur envoutement, leur rage : elles ont une seule et unique obsession : la vengeance.

« Un seul de leurs pieds touche le sol, le rêve est leur envol. Le fait de boiter empêche-t-il de danser le mukonyonyo. Les femmes continuent de danser, même sous la pluie des bombes que l’homme fait tomber. »

C’est la légitimité de la vengeance qui est posée ici de manière brutale, poignante, sidérante et sa mise en parallèle avec la justice. 

C’est à lire !!!

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