Le petit caillou dans la chaussure

Blog littéraire d'Alexandra Lahcene

Je me suis laissée porter par la douceur, la lumière, la grâce, et la poésie qui se dégagent de l’écriture de Yasmine Chami qui raconte avec délicatesse le délitement d’un homme après avoir abandonné violemment et vilement son épouse dans un aéroport international au nom d’un idéal de vérité.

C’est sublime !!

On suit donc la réflexion d’Ismaïl, son retour introspectif sur ses pertes, ses blessures, ses frustrions. Cet homme trop tôt responsable va partager des décennies d’amour tendre et respectueux avec Médée, une femme qu’il a sous estimé, autonome, sculptrice qui va, deux ans après cet abandon, être capable de vivre sans lui. Ses convictions vont s’étioler.

« Quelque chose pressentait en lui la puissance du monde de sa femme, et comme en contrepoint, la fragilité du sien ».

Elle a veillé au bonheur et au lien indéfectible de sa famille. Il a abandonné cette femme puissante, lumineuse, ce roc (à l’image de ses sculptures), celle qui a édifié un rempart contre sa solitude d’enfant pour Meriem, jeune déesse, symbole du désir. Il se laisse emporter par cette passion qu’il ne peut contrôler et réduit à néant des décennies d’amour et un mariage épanoui.

Ce médecin intègre, deux ans après cet abandon, voit cette passion s’éteindre, chemine mélancoliquement vers une désillusion et mesure la futilité de ce sentiment : il va se décomposer intérieurement et prendre conscience de ce qu’il a perdu.

J’espère que vos yeux seront à leur tour pailletés d’or (référence à l’épilogue), comme les miens, à la fermeture de ce livre

Je vais de ce pas me procurer Médée Chérie, où l’auteur raconte cette même histoire mais du point de vue de Médée.

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